Bougies contées · Flore du Jura

Le Trésor Caché

Le sabot de VénusCypripedium calceolus L.

Allumez votre bougie et laissez la lumière descendre sous les arbres. Quelque part dans les forêts du Jura, une fleur se cache depuis des années. Elle vous attend.

Planche botanique ancienne : Le sabot de Vénus
Cypripedium calceolus L., planche de Joseph Seboth, Die Alpenpflanzen nach der Natur gemalt, vers 1880. Source : Wikimedia Commons, domaine public.

À l'ombre des forêts du Jura pousse la plus grande orchidée sauvage d'Europe. Sa fleur jaune ressemble à un petit soulier, entouré de longs rubans pourpres.

En 1583, le botaniste flamand Rembert Dodoens la décrivait sous le nom de Calceolus marianus, « le petit soulier de Marie ».

Près de deux siècles plus tard, en 1753, le botaniste Carl von Linné lui donna un nouveau nom : Cypripedium, « la sandale de Vénus ». La fleur de la Vierge devint ainsi celle de la déesse de l'amour.

Il lui faut une dizaine d'années pour offrir sa première fleur. Dix ans de patience, cachée sous les arbres, et un même pied peut ensuite fleurir pendant des décennies.

Elle n'a pas de nectar à offrir, seulement son parfum. L'abeille qui s'y laisse prendre glisse dans le sabot, puis ressort par un étroit passage, emportant avec elle le pollen.

Aujourd'hui si rare qu'on la protège, elle ne se cueille plus.

On dit qu'on l'offre en pensée à ceux qu'on attend depuis longtemps.